
Arrête de porter les émotions des autres
Tu te sens responsable des émotions des autres ? Respire, pose tes limites, reprends ta place et découvre comment te libérer du poids émotionnel.
Souvent, trop souvent à mon goût, j’entends les femmes que je reçois, s’en vouloir de ne pas réussir à tout gérer au travail, à la maison… Et en toute honnêteté, j’ai joué aussi cette partition qui consiste à vouloir être partout.
Peu importe que l’on vive seule, en couples, avec enfants, la seule différence c’est l’aspect exponentiel des choses à faire et des attentes.
La société dans son ensemble met une charge sur le dos des femmes. Elles doivent avoir une vie professionnelle réussie et une vie privée avec enfants. Elles doivent tout gérer sans se plaindre, tout réussir, sans oublier d’être pomponnées et dans les critères de beauté du moment.
Par exemple, Charline* me confie que sa mère et sa grand-mère lui disent tout le temps qu’elle devrait se maquiller, se mettre une jupe. Exaspérée par ces remarques permanentes, elle s’en ouvre à une amie qui lui répond “elles ont raison, tu aurais plus l’air d’une femme”. Stop ! Il n’y a pas une seule façon d’être femme, il y en a autant que de personnes. Une femme ne se définit pas par le maquillage et la jupe, heureusement.
Des exemples, je peux t’en en citer plein : Margot* que son mari trouve trop maigre, Anaïs* a qui son ex reprochait sa petite poitrine pas sexy d’après lui, Béatrice* qui se trouve trop grosse, Tina* à qui ses collègues disent qu’une femme en pantalon ce n’est pas joli, pas sexy pour le client !
Personnellement, je trouve que si nous étions toutes habillées pareil, toutes maquillées, avec la même couleur de cheveux, le monde serait fade. La diversité, la différence, c’est ce qui rend le monde plus beau. Alors, autorise-toi à prendre soin de toi et à être telle que tu as envie.
Toutefois, les exigences imposées aux femmes ne s’arrêtent pas à leur apparence. En effet, il leur est demandé de réussir leur carrière sans se plaindre. Marie* ne travaille pas et son entourage lui reproche de ne pas avoir un emploi. Dans le même temps, Emma* me raconte que son mari l’accuse d’être trop carriériste et de ne pas assez s’occuper de la maison et des enfants. Et sa mère soutient son gendre, elle reproche à sa fille de négliger sa maison. Et tu as deviné ce qu’elle ajoute ? « Moi de mon temps, les femmes,… »
Il y a les attentes, les injonctions des autres sur la manière dont ils te voient, ce qu’ils attendent de toi. Mais cela leur appartient. Apprends à mettre à distance les attentes (parfois excessives et contradictoires) des autres. Tu ne peux pas changer leur façon de faire, par contre, tu peux choisir d’être toi-même et de faire ce qui te va à toi. Si tu souhaites mettre l’accent sur ta carrière, tu as le droit, c’est ta vie.
Par contre, il arrive que cette pression sur les performances au travail et à la maison, émanent de toi et non pas de l’extérieur. Et oui, tu peux t’en demander trop, sans t’écouter, ni respecter tes besoins Pour aller plus loin sur ce sujet, écoutes l’épisode du podcast qui y est consacré
Parfois, épuisée, tu ranges la chambre de ton enfant au lieu de te reposer. Ou bien, tu prends un dossier en plus au travail alors que tu es déjà débordée. Arrêtes cela et apprends à t’écouter, à entendre tes limites et à les respecter. Ton enfant est capable d’apprendre à être autonome et responsable de l’état de sa chambre. Au travail, à l’impossible nul n’est tenu. Si tu prends ce dossier en plus alors que tu es en surcharge, quelles conséquences ? Soit tu vas faire une erreur que l’on va te reprocher, soit tu vas craquer et t’en vouloir. Tu as le droit de ne pas prendre ce dossier. Tu peux proposer des alternatives : déterminer quel dossier est prioritaire, le traiter quand ta charge aura réduit, …
En bref, arrête de te mettre la pression et de vouloir correspondre aux exigences et attentes des autres. Qu’as-tu envie de vivre ?
Et puis, en répondant à toutes les exigences, en cherchant à cocher tous les critères, tu oublies l’essentiel, être présente à toi-même.
En effet, je constate souvent que les femmes qui viennent me voir sont déconnectées de leur corps et de leurs ressentis. Elles ne se rendent pas compte de leur état de tension et de fatigue. Ainsi, Myriam* est venue en shiatsu la semaine dernière. Elle s’est accordée une pause, et c’est déjà génial de prendre ce temps pour elle. A ma question rituelle, comment vous sentez-vous ? Elle me répond que tout va bien.
Et pourtant, pendant tout le shiatsu, son corps présente des tensions, de la tête aux pieds. Myriam découvre, avec stupeur, ses blocages. Elle prend conscience qu’au quotidien, elle n’écoute pas son corps et ses ressentis. Si parfois, elle se sent fatiguée, elle ne change pas son programme et fait tout ce qu’elle avait prévu. Myriam réalise que ce mode de fonctionnement a des conséquences sur son corps et qu’elle a besoin de s’écouter. Cela ne veut pas dire rien faire, mais faire en respectant ton énergie du jour. Accepter que chaque jour, ton énergie change et que de ce fait, en t’écoutant tu vas adapter ce qui est prévu.
Et parfois, tu ne peux pas t’empêcher de répondre à cette pression, même si tu sais que tu es épuisée et que tu ne devrais pas le faire.
Entre injonctions, croyances et héritages invisibles
Cette course contre la montre, cette tension permanente dans ton corps, cette impression que ce n’est jamais assez… elle ne sort pas de nulle part. Tu n’as pas choisi de vivre dans ce rythme effréné. Tu t’y es adaptée, parce que tu as appris très tôt que c’était comme ça qu’on “réussissait”.
Il y a d’abord les attentes extérieures.
La société t’a appris qu’une femme “accomplie”, c’est une femme qui gère tout : boulot, enfants, maison, couple, amis, silhouette, sourire… Sans jamais flancher. Tu avances, cochant les cases une à une, jusqu’à l’épuisement. Et quand tu n’y arrives plus, tu culpabilises. Parce qu’on t’a fait croire que ce n’était pas normal d’avoir besoin de souffler.
Et puis il y a ces croyances que tu portes à l’intérieur de toi.
Des phrases que tu ne remets même plus en question : “Si je ne fais pas tout parfaitement, je suis nulle.” “Si je ne suis pas utile, je ne vaux rien.” Elles tournent en boucle dans ta tête et te poussent à en faire toujours plus… pour être “assez”. Pour mériter.
Enfin, il y a ces mémoires familiales silencieuses mais puissantes.
Peut-être que dans ta famille, on ne montrait pas ses émotions. Peut-être que ta mère ou ton père te disait que pour être aimée, il fallait travailler dur, ne pas se plaindre, ne rien lâcher. Alors tu as intégré ce message : “Je dois prouver ma valeur.” Même si personne ne te le demande plus, toi, tu continues. Parce que ça te semble vital.
👉 Travailler ensemble, c’est justement aller voir tout ça, en douceur. C’est oser questionner ces héritages invisibles qui t’épuisent. C’est comprendre pourquoi tu fonctionnes ainsi… et choisir, pas à pas, de faire autrement. Non pas pour devenir une autre, mais pour te reconnecter à toi. À celle que tu es vraiment, quand tu poses les armes.
Tu n’as pas besoin d’en faire plus. Tu as surtout besoin de t’autoriser à faire moins. Pas moins bien. Pas moins fort. Juste moins pour les autres, et un peu plus pour toi. Voici 4 pistes douces et accessibles pour commencer à desserrer l’étau, sans te culpabiliser.
1. Écoute ce que ton corps veut te dire
Ton corps parle souvent plus fort que ta tête. Tensions, migraines, fatigue chronique, boule au ventre… Ce sont ses messages. Il te dit : “Ralentis, je n’en peux plus.”
💡 Demande-toi : De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? Pas dans un mois. Aujourd’hui. Juste pour toi. Tu n’as pas à attendre d’être à bout pour t’écouter.
2. Remplace le “il faut” par “j’ai envie”
Combien de fois par jour te dis-tu “il faut que je…” ? C’est lourd. Ça te déconnecte de ton plaisir, de ton énergie.
👉 Essaie cet exercice simple : Quand tu penses “il faut que…”, reformule avec “j’ai envie de…”
Et si tu n’as pas envie ? Peut-être que ce n’est pas le moment. Peut-être que ça peut attendre. Peut-être que tu peux dire non.
3. Fais de la place dans ton agenda
Tu surcharges tes journées pour cocher des cases. Mais où est la case “me reposer” ? “ne rien faire” ? “être juste moi” ?
🌱 Réserve un créneau dans la semaine (même 30 min) pour ne rien prévoir. C’est précieux. Et c’est un acte de liberté. Non, ce n’est pas égoïste. Moins de “faire”, plus d’être.
4. Identifie une croyance qui te met la pression
Tu peux commencer doucement, sans remuer tout ton passé. Demande-toi juste : “Qu’est-ce que je crois devoir faire pour être une femme bien ?” Tu verras surgir des phrases toutes faites :
👉 “Je dois être forte.”
👉 “Je dois toujours être là pour les autres.”
👉 “Je n’ai pas le droit de me plaindre.”
Et si c’était faux ? Et si tu pouvais choisir d’y croire moins fort ? Prendre conscience, c’est déjà alléger.
Tu as le droit de relâcher la pression. Et si tu te permettais de ne plus tout porter seule ? La perfection n’est ni nécessaire, ni réaliste. Ce qui compte, c’est d’être alignée avec ce qui est bon pour toi.
*les prénoms ont été modifiés

Tu te sens responsable des émotions des autres ? Respire, pose tes limites, reprends ta place et découvre comment te libérer du poids émotionnel.

Et si tout ce que tu portes depuis des années… n’était pas à toi ?
Ce poids invisible, ces schémas répétitifs, cette culpabilité qui ne te lâche jamais…
Et si tu pouvais enfin t’en libérer ?